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Bric-à-brac

Humour, actualités... tout ce qui n'a pas de rapport avec l'informatique. Ou peut-être que si, en fait ;)

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samedi 17 août 2013

Trouble Is My Business

trouble_couv.jpgJotaro Fukamachi est détective privé. Logé dans le cabinet miteux d'une amie dentiste, son quotidien est fait de menu fretin - affaires de mœurs, personnes disparues, combines de yakuzas de bas étage. Armé de son flegme à toute épreuve, de son indégonflable ego et de ses dents (parfois avantageusement remplacées par un flingue de location), il sillonne les rues de Tokyo à la rencontre d'ennuis dont il a fait son gagne-pain mais dont sa carcasse de héros hard-boiled ne sort le plus souvent pas indemne. Eternel fauché, porté sur la boisson, père catastrophique d'une petite fille qu'il voit rarement, il reste un enquêteur acharné et jusqu'au boutiste ; au fond, un chevalier solitaire au grand coeur.

Taniguchi et Sekikawa ont mis dans Trouble is my Business tous les ingrédients du roman noir américain – l’enquêteur désabusé, la ville, figure omniprésente à la fois nourricière et poisseuse, imprégnée de violence, la femme fatale, les flics ripoux, l’ironie du sort, avec une pointe de parodie affectueuse à l'égard de leurs références d'outre-Pacifique. La série rend clairement hommage aux maîtres de ce genre littéraire : Chandler et son Marlowe, Dashiel Hammett et son Spade, mais aussi cinématographique. Chacun des 8-10 épisodes est construit comme un mini-film noir avec prologue, mise en chasse du détective qu'on retrouve en "voix off" à la première personne, un cocktail de scènes d'action et de mystère, et un dénouement qui en général vaut son pesant de cacahuètes.


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Trouble is my Business, comme tout bon pulp, se dévore en l'espace de quelques aller-retours dans les transports en commun. Avec son dessin old-school (loin des productions plus récentes de Taniguchi) mais diablement efficace, son papier subtilement cheap et sa mise en page soignée accompagnée de notes de l'éditeur français (belge ?), c'est un classique plein d'humour et de noirceur qui n'a pas pris une ride, une découverte savoureuse que je recommande aux amateurs de mangas et/ou polars.

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Les tomes 1 et 2 sortis au printemps 2013 sont disponibles chez Kana, le n°3 devrait paraître à la rentrée. C'est en tout 6 volumes parus au Japon de 1979 à 1994 qui seront adaptés en VF.

dimanche 15 août 2010

FreakAngels

Bon, c'est vrai qu'il est un peu tard pour les recommandations de livres d'été. Mais je me devais de vous signaler une BD moyen format qui pourrait être votre parfait compagnon sur la plage en cette fin de vacances (si vous avez la chance d'en avoir) : FreakAngels.

FreakAngels

Le pitch :

Londres, dans un futur pas si lointain. Une catastrophe sans précédent a ravagé la ville, la submergeant en partie sous l'eau de mer. Dans le calme post-apocalyptique du quartier de Whitechapel, les survivants se sont organisés tant bien que mal mais le manque d'eau potable et de vivres se fait cruellement ressentir.

Heureusement, les FreakAngels veillent.

Ces onze jeunes hommes et femmes aux étonnants pouvoirs télépathiques qui ont organisé le ravitaillement et la défense du quartier sont la seule lueur d'espoir de la population. Mais quels que soient leurs mérites, on comprend très vite que ces anges ont aussi leur part d'ombre et des travers bien humains, à commencer par Mark, le douzième membre renégat exilé dans le Nord. Tout commence lorsqu'une jeune fille, Alice, est envoyée à WhiteChapel par Mark pour abattre l'un des autres FreakAngels...

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Réalisé par deux Anglais, Warren Ellis et Paul Duffield, dont le style mêle manga européen, comics et ligne claire, FreakAngels se déroule dans un monde de disaster fiction désabusé mais inventif, à l'image de ses habitants qui doivent faire preuve d'ingéniosité pour survivre. Un peu comme dans la classique BD Neige, un petit groupe d'individus détient la clé du désastre qui a frappé la région, et, qui sait, pourra peut-être réparer les dégâts.
Ce qui fait l'intérêt de FreakAngels, c'est que malgré les pouvoirs de super-héros des personnages pricipaux, on est loin d'avoir affaire à des sauveurs au-dessus de tout reproche. Les membres de la bande sont tour à tour violents, paranoïaques, nymphomanes, parasitiques, névrosés, et passent une bonne partie de leur temps en franches engueulades (dialogues savoureux signés Ellis) avec des conséquences fâcheuses, pouvoirs psy obligent. Loin d'être entièrement axé sur le paranormal, le comic fait la part belle à l'humanité des personnages. Avec ou sans pouvoirs, ce sont avant tout de jeunes adultes paumés qui tentent tant bien que mal d'assumer (ou pas) les responsabilités qui leur incombent dans ce monde bouleversé.

FreakAngels 1 est sorti il y a peu en français aux éditions du Lombard mais c'est à l'origine un webcomic hebdomadaire gratuit proposé par les auteurs sur www.freakangels.com. La VO est donc disponible gratuitement jusqu'au tome 5... de quoi craquer en attendant le deuxième livre en VF ;)

lundi 5 juillet 2010

Surplus cognitif et contraintes sociales

Je me balade souvent sur le site de la fondation TED, bien connue pour ses conférences. On y trouve des vidéos de présentations très inspirantes sur des sujets comme les nouvelles technologies, l'environnement, les sciences...

Cette fois-ci, je suis tombé sur une intervention récente de Clay Shirky : "How cognitive surplus will change the world", que j'aimerais vous faire partager :

 

Quels enseignements peut-on tirer de ce que dit Shirky ?

  • L'ère d'un peuple de "couch potatoes" vautrées devant la télé est sur le déclin. Grâce à Internet et aux nouvelles technologies, la motivation dispose d'un nouveau carburant, les initiatives sont permises et chacun devient capable de créer et de partager - pour le meilleur et pour le pire.
  • Les contraintes contractuelles sont souvent bien moins efficaces que les contraintes sociales. Les contraintes contractuelles peuvent paradoxalement fausser le jeu en déculpabilisant les acteurs qui les subissent au détriment du bien général de l'organisation, et ainsi déteriorer durablement la culture de celle-ci.
    "Social collaboration over contract negotiation" en quelque sorte... ça ne vous rappelle rien ? ;)

 

PS : j'ai aussi réalisé une version française de la vidéo, mais le lecteur TED avec sous-titres ayant refusé de se laisser embedder, vous pouvez la retrouver [ici].

lundi 4 janvier 2010

En 2010, sachons lâcher du lest !

Ballon

En ce début d'année, je vous propose de prendre un peu de hauteur en nous élevant au-dessus des nuages.

En Juillet dernier, l'aéronaute suisse Bertrand Piccard était invité à la conférence TedGlobal 2009. Dans la vidéo de sa présentation récemment publiée sur le site de TED, Piccard nous raconte son tour du monde en ballon avec Brian Jones et en tire une leçon que je trouve étonnamment en phase avec les valeurs agiles.

Dans cette discipline, explique le navigateur, s'opposer frontalement à un fort vent contraire en voulant garder la même direction coûte que coûte, c'est comme résister obstinément au changement dans la vie : cela peut rapidement devenir un cauchemar.
Comment y remédier ? En comprenant que l'atmosphère est faite de couches dans lesquelles le vent circule dans des directions diverses, et qu'il faut se servir de l'axe vertical pour naviguer entre ces couches, par exemple en lâchant du lest.
Pour Piccard, les pionniers, les découvreurs ne sont donc pas ceux qui font face avec le plus d'acharnement aux difficultés rencontrées, ni même nécessairement ceux qui ont les idées les plus nombreuses ou les plus brillantes. Ce sont avant tout ceux qui osent jeter par-dessus bord leurs convictions, leurs certitudes, leurs habitudes pour accéder à des courants qui les mèneront à ce qu'ils cherchent par des voies de navigation différentes.
On apprend que c'est aussi cet esprit précurseur et un peu utopiste qui a gouverné le prochain projet de Bertrand Piccard, Solar Impulse, un avion fonctionnant uniquement à l'énergie solaire et qui pourrait bientôt prendre son envol autour du monde.

Voici la vidéo :

Voilà, je vous souhaite donc vous aussi de pouvoir lâcher tout le lest nécessaire en cette nouvelle année afin de piloter votre ballon dans la direction de vos rêves :)

samedi 21 novembre 2009

Muramasa, the Demon Blade

Muramasa, the Demon Blade

Un fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un jeu vidéo. En fait, LE jeu vidéo du moment pour moi, celui qui a débarrassé ma Wii de la grosse couche de poussière qui s'y accumulait faute de titres intéressants ces derniers temps : Muramasa, the Demon Blade.

Muramasa, c'est d'abord des graphismes sublimes, un petit joyau en 2D qui s'approche de ce qui s'est fait de mieux artistiquement parlant sur cette console. Des champs de blés dorés aux montagnes enneigées en passant par les cerisiers en fleurs et les sombres forêts de bambous, ses décors typiquements japonais nous en mettent plein la vue.

Des décors chatoyants

Ce qui est aussi intéressant avec ce jeu, c'est qu'il fait le pari que dans les vieux pots on continue à faire les meilleures soupes (aux vermicelles). Muramasa marque un retour à un genre old school, le bon vieux beat'em all par tableaux avec des cohortes d'ennemis à tuer et à la clé des boss plus hideux et retors les uns que les autres. L'un des deux héros ninjas que vous aurez choisi, Momohime ou Kisuke, part donc à l'aventure en enchainant des combats aux règles très simples (seulement 4-5 coups différents) mais aux possibilités démultipliées grâce aux caractéristiques propres des 108 (!) sabres qu'il est possible d'acquérir. Il en résulte un gameplay vitaminé, intuitif et fluide qui conserve tout de même une bonne dose de difficulté et d'exigence héritée des jeux d'antan - surtout en mode Shura, le plus ardu.

On note en plus de cela des petites touches d'originalité bienvenues qui viennent agrémenter les parties, comme les recettes de cuisine qui permettent de se "crafter" des bons petits repas pour regagner de l'énergie, ou des singes menant à des sources chaudes où délasser et régénérer son corps.

Bref, Muramasa démontre que c'est souvent en combinant des règles de base très simples à des idées originales que l'alchimie peut opérer et qu'on arrive à un résultat passionnant et unique... Si vous êtes fan d'atmosphère médiévo-nippone et de combats virevoltants, je vous conseille de courir vous le procurer si ce n'est déjà fait.

Momohime en action Kisuke contre un samourai Paysage enneigé