InfOsaurus

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 30 octobre 2009

Agile Tour Bordeaux 2009

Agile Tour 2009 Bordeaux

Jeudi 29 Octobre 2009, l'Agile Tour faisait étape à Bordeaux, au LaBRI. J'étais de la partie et ma foi, le bilan est plus que réjouissant. Au cours de la journée, les 150 participants ont pu apprécier :

  • Des petites viennoiseries et du café pour bien entamer la journée.
  • L'accueil des gentils organisateurs aux brassards roses très seyants ;-)

Mais surtout,

  • Une foule de présentations et ateliers intéressants et instructifs... on aurait parfois aimé pouvoir se dédoubler pour être dans plusieurs salles à la fois.

Du côté des coups de coeur, j'ai été bluffé par le retour d'expérience Scrum de Philippe Launay de la société Agfa. Réussir à introduire l'agilité dans un projet avec des équipes multi-localisées sur plusieurs pays, des milliers d'utilisateurs, un périmètre tentaculaire et en partant avec de sévères handicaps techniques et organisationnels relève du tour de force. L'amélioration continue des équipes permise par la méthode est assez spectaculaire, et les leçons à en tirer très instructives.


Badge Agile Tour

J'ai cependant regretté :

  • Ne pas avoir pu participer à la session TDD donnée par C. Couillard et J-B Dusseaut tellement c'était blindé de monde...
  • Certains ateliers alléchants (dont le "bateau ivre" animé entre autres par Raphaël Pierquin) très limités en nombre de places. Dommage, mais je n'ai pas perdu au change avec le retour d'expérience de Philippe Launay.
  • Un vidéoprojecteur rebelle a décidé de saboter la présentation "Contractualisation agile" qui du coup a pris du plomb dans l'aile malgré toute la bonne volonté de l'orateur...


Le mot de la fin

Au final, cet Agile Tour fut pour moi très instructif et enrichissant. Bravo aux organisateurs qui ont su rassembler autant de talents et favoriser rencontres et échanges d'expériences tout au long de cette journée très réussie !

mercredi 30 septembre 2009

Formation Scrum Master par Pyxis

Formation Scrum Master Pyxis

Il y a quelques jours, j'ai eu la chance de suivre la formation Certified Scrum Master donnée par François Beauregard, fondateur de la société Pyxis. Le tout se déroulait dans un bel endroit, le Centre culturel canadien situé à deux pas des Invalides.

Au programme de ces deux jours très remplis, théorie (rôles, cérémonies, artefacts, 4 piliers de Scrum), bonnes pratiques, ateliers, séances de questions/réponses avec le formateur... Du forfait agile au sprint zéro en passant par les équipes distribuées, de multiples débats ont été soulevés. J'en aborderai peut-être quelques uns ici.

Au-delà de l'aspect formation certifiante (que François a d'ailleurs beaucoup mitigé), je suis surtout reparti tel un gamin après une récréation fructueuse, avec un sac de billes Scrum bien rempli !

Centre culturel canadien La salle de formation Atelier Product Backlog Atelier Product Backlog Les post-its de clôture

mercredi 16 septembre 2009

L'épanouissement tribal, promesse des méthodes agiles ?

Totem

Le bonheur est à la mode. C'est un saint Graal que tout le monde, y compris notre président, cherche à toucher du doigt en ces temps difficiles. La France va mal, et il faut se doter des outils nécessaires pour mesurer et améliorer le bien-être de ses citoyens.
Les récents cas de suicides au sein d'une célèbre entreprise de télécoms témoignent plus précisément d'une zone sensible où beaucoup reste à faire en matière de bonheur et d'épanouissement personnel : l'entreprise. En effet, peu de salariés - même parmi les plus qualifiés comme les ingénieurs en développement logiciel - peuvent se vanter de s'accomplir pleinement à travers leur travail quotidien.

Quelle réponse les méthodes agiles, et Scrum en particulier, peuvent-elles apporter à ce douloureux problème ? En d'autres termes, quelle vision du bonheur en entreprise avons-nous en mettant nos lunettes Scrum, comme diraient certains ;) ?

Tobias Mayer, scrum master et coach agile, a publié le mois dernier un billet fort intéressant sur le sujet. A première vue, il semble y être question du task board, parfois plus connu sous le pseudonyme de Kanban : un objet qui, selon Tobias, est au coeur de la petite communauté formée par l'équipe de développement. On peut même comparer le task board à un lieu de culte sacré tant les fidèles se pressent aux rituels (les daily scrums) qui s'y tiennent.
Mais le constat ne s'arrête pas là. Tobias file la métaphore et dévoile que les méthodes agiles créent une organisation sociale similaire à celle d'une tribu, car elles permettent à chaque membre de l'équipe de satisfaire pleinement son besoin primaire de conversation, de débat, d'interaction. Et car la sensation d'appartenance au groupe, la formation de codes et de valeurs communes qui résultent du fonctionnement agile permettent de tirer le meilleur de chacun et contribuent à mettre en mouvement une force vitale au sein du groupe auto-organisé :

Scrum is about tribes, it is about building community. Each tribal member needs a sense of belonging, a personal quest. Whole tribes need gathering places, they need sacred objects, they need focus and they need pulse. Scrum supports that way of being. The task board, and its emergent environment provides the central life-force from which these things are born.

En somme, là où les méthodes de management de projet traditionnelles s'acharneraient à brider nos instincts par la division des troupes, par une bureaucratie implacable et l'introduction de nombreux tampons documentaires et humains empêchant la communication (l'archétype étant les collaborateurs séparés par des cubicles et ne communiquant que par fiches de suivi interposées), les méthodes agiles seraient un retour au naturel salutaire. L'agilité serait le meilleur moyen de respecter nos gènes et ainsi d'obtenir des résultats qu'aucun contremaître muni d'un fouet ou d'un dossier de spécifications de 500 pages n'atteindrait à moyen terme.

Je ne vois qu'une faille dans ce raisonnement ambitieux et brillant, et c'est aussi celle qui me fait parfois douter que les méthodes agiles prendront un jour le pouvoir sur la planète. Comment donner à tout le monde la possibilité d'appliquer l'agilité ? Comment faire du type qui assure seul la maintenance corrective d'une appli Cobol, une tribu Scrum ou XP ? Comment insuffler cette force collective à l'équipe d'intérimaires qui assure, micro-casques vissés sur les oreilles, le support technique niveau 1 d'une plateforme applicative et ne communique que par l'intermédiaire de tickets avec les gens du dessus ? Comment la batterie de développeurs chinois recopiant 3000 lignes de code à la minute peut-elle accéder à cette satisfaction professionnelle ?

L'épanouissement tribal est sans doute accessible, mais peut-être pas pour tout le monde...